Avant les Grecs

Avant les Grecs

Depuis le Néolithique des populations se sont implantées dans la région au bord du fleuve Hérault, sur son delta, à proximité des lagunes et des étangs, trouvant ici des conditions de vie favorables.
Plusieurs sites attestent la présence d'habitats de l'Âge du Cuivre entre -2700 et -2200 et progressivement l'usage du bronze, pour la parure, l'armement, l'outillage, a remplacé l'industrie lithique.

Parmi les principaux gisements de la fin de l'Âge du Bronze, le site de la Motte constitue une découverte exceptionnelle. Il a été remarqué en 2003 lors d'une prospection dans le fleuve Hérault par le groupe de plongée Ibis. Les premières recherches vont permettre de noter la présence de structures d'habitats : bois plantés verticalement et des fragments de céramique qui datent le site entre 900 et 750 av. J.-C.
Il sera fouillé en 2004 sous l'autorité de la DRAC. Ce travail de recherche a révélé deux amas concrétionnés, agglomérats renfermant des objets métalliques qui furent envoyés au Laboratoire de Vienne en Isère. Au démontage des blocs, celui-ci dénombra 326 objets, constitués principalement de parure : appliques, pendeloques, colliers avec perles d'ambre, bracelets, perles, anneaux, cistes, boutons, phalère, éléments de ceintures.

Mais c'est aussi à la fin de l'Âge de Bronze, entre -1300 et -750 qu'apparaît au sein des populations indigènes des influences extérieures, accompagnées de pratiques funéraires différentes, comme l'incinération. Ce contexte a été étudié par André Nickels lors de la fouille d'un site majeur de notre commune : la nécropole de Peyrou découverte par Michel Adgé.
Un autre site de très grande importance : l'épave des bronzes de Rochelongue correspond à un gisement situé en mer, au Cap d'Agde. Il a été repéré en 1964 et fouillé jusqu'en 1968 par André Bouscaras.

Cette découverte constitue encore aujourd'hui, le seul ensemble de ce type daté de la fin du 1er Âge du Fer dans le sud de la France. Là aussi la collection est exceptionnelle par le nombre d'objets retrouvés : 800 kg de lingots de cuivre aux formes diverses et de poids variés, un très grand nombre de scories de fonderie de cuivre et d'étain, des matières premières comme de la galène, des plaques de plomb ainsi que 1700 objets ou fragments. Ce matériel archéologique s'apparente aux objets découverts sur divers sites terrestres appelés « dépôts launaciens ».

Les éléments les plus récents permettent de dater le naufrage de la fin du VIIe ou du début du VIe siècle avant J.-C. Toutefois, certains objets sont plus anciens et remonteraient jusqu'à l'Âge du Bronze. Il y a près de mille ans entre le naufrage et la datation de ces objets, qui ont persisté même fracturés ou incomplets. Ils étaient donc conservés pour la seule valeur du métal et devenaient ainsi une monnaie d'échange.

La fouille du site n'a pas relevé la présence d'épave, hormis une série de quelques clous ayant pu appartenir à la coque du navire disloquée avec le temps, ne laissant sur le substrat que les objets lourds faisant partie de la cargaison. Cet ensemble est à l'évidence très hétérogène, le grand nombre d'objets incomplets ou refondus, permet de voir ici une récupération de métal.
Nous pouvons imaginer un navire « bronzier » pratiquant par cabotage le long de nos côtes des échanges avec les populations indigènes venant proposer un fragment métallique ou de vieux objets de bronze destinés à la refonte. La présence d'une grande quantité de lingots de cuivre ainsi que d'innombrables déchets d'atelier de fonderie, indique une cargaison lourde en transit, qui fait naufrage alors qu'il allait atteindre un point stratégique sur la côte, l'embouchure du fleuve. En remontant cette voie naturelle de communication il allait à la rencontre des peuples de l'intérieur.