Pierriers de Brescou

Le site des pierriers a été découvert par Michel Souques, à 350 mètres du port du Cap d’Agde, à une assez faible profondeur (4 mètres). Entre 1995 et 1997, 16 canons au total sont remontés – 9 en fer forgé et 7 en bronze – ainsi que 29 fusils et mousquets.
Ces canons, appelés « pierriers », sont utilisés dès la fin du XVe siècle dans les marines européennes et ce pendant 200 ans. Ils disparaissent progressivement au début du XVIIIe siècle en raison de leur portée limitée, mais continuent  à être utilisés dans les marines de commerce.
Certains pierriers en bronze portent des armoiries royales : des fleurs de lys. Sur un exemplaire, on peut même voir un grand « L » majuscule, qui est le monogramme de Louis XIII. Les études réalisées sur ces canons permettent de dater cette collection de la première  moitié du XVIIe siècle.
L’absence de munitions et de boîtes à poudre, complément nécessaire de cette artillerie, est significative. Le site où ont été découverts les pierriers correspond bien à un lieu de délestage à la mer à partir d’un navire qui n’a peut-être pas fait naufrage. L’équipage d’un vaisseau victime d’une voie d’eau, voyant le rivage si proche, a probablement voulu se débarrasser des pièces d’artillerie postées à tribord, afin d’alléger le bâtiment. Ils ont jeté par la suite les armes à feu portatives. Au cours de la tempête, le bateau dérivant s’est redressé et a perdu les pièces d’artillerie disposées à bâbord.